Etats limites/borderlines

On qualifie d’état-limite (borderline en anglais) certains aménagements de la personnalité qui n’appartiennent ni vraiment au champ de la névrose, ni vraiment à celui de la psychose.

La personnalité limite se caractérise notamment par une grande instabilité, impulsivité, une tendance à l’agir, une prédisposition aux conduites à risques, le but étant de tenir à l’écart la dépression qui le menace. L’angoisse du borderline est avant tout une angoisse de perte d’objet. De ce fait on retrouvera fréquemment des angoisses d’abandon, angoisse contre laquelle le sujet tend à se prémunir via une relation d’objet plutôt anaclitique (besoin de se reposer sur quelqu’un). Si le borderline partage avec le psychotique un certain nombre de mécanismes de défenses (déni, projection, clivage…), il s’en distingue de par son rapport à la réalité préservé. L’instabilité des relations interpersonnelles, des émotions et de l’image de soi, n’est pas sans rapport avec le clivage et le dédoublement des imagos. Ces mécanismes favorisent en effet l’alternance des états émotionnels (par exemple amour/haine), là où l’ambivalence du névrosé permet de les faire coexister et se neutraliser.

D’un point de vue psychanalytique, l’aménagement limite serait consécutif à un traumatisme précoce (sentiment précoce d’abandon, deuil, abus sexuel, maltraitances…), effractant le sujet, et entravant ses aptitudes à aborder l’Oedipe dans de bonnes conditions. Il en résultera une fragilité des objets internes, à l’origine du sentiment de vide intérieur et d’ennui caractérisant la personnalité limite.